Je le dis officiellement, je trouve que ce n’est vraiment pas la partie la plus rigolote dans l’organisation d’un mariage. Mais maintenant que les miens sont découpés, troués, rubanifiés (enfin plein de rubans quoi), cachetés, fermés, liés, envoyés (ouais tout ça, et le premier qui me répond sur mon mûr facebook, je le claque), je vais enfin pouvoir vous donner ma vision de la chose.
Je pense franchement, que tous les futurs mariés (moi y compris) se prennent beaucoup trop la tête à cause de ce morceau de carton (papier PEFC so chic bobo écolo) qui de toute façon sera jeté par 90 % des invités (on remercie les autres 10 % qui vont l’aimanter à leur frigo grâce à leurs magnets « père-dodu-carte-de-france ») et qui nous rappelleront une semaine avant le mariage pour nous demander le lieu, l’heure et si c’est bien samedi prochain : « Mais t’as pas eu un faire-part (ducon) ? » « si mais je l’ai égaré ». Je vous rassure, je fais aussi partie de ces 90 % de boulets qui perdent toujours tout et je vous mets personnellement au défi de retrouver tous les faire parts de ces 10 dernières années.
Pour tenter de pallier ce problème, avec Loulou, nous avons tenté les faire-parts personnalisés (avec nos ganaches quoi) : qui aura l’audace de mettre nos jolies trombines à la poubelle ? D’ailleurs, à ce sujet, un jour il faudra que je vous raconte l’histoire de ces photos ou comment se peler en robe d’été version dentelle fine un matin de janvier dans une forêt Bordelaise. Ben oui, on n’allait quand même pas mettre des photos de nous en moon boots et bonnet de yack péruvien. Le tout est juste de garder le sourire dans votre jolie robe courte sans manches, la pancarte tenant toute seule grâce au givre qui la colle à vos doigts (un 21 janvier à 9h il fait froid).
Bref, on s’en fout puisque sur les photos ça se voit même pas que je claque des dents et que j’ai le nez qui coule (merci photoshop).Donc reprenons. Votre faire-part (nommé dans mon langage courant « Fucking Faire Part » : FFP) est censé donner le ton du mariage que vous voulez organiser : annoncer le thème s’il y en a un et souffler un dress-code si vous en avez choisi. Si vous souhaitez un mariage chic où les gens viennent sur leur 31, il vous faudra un faire part raffiné et élégant qui sous entende »tenue correcte éxigée le premier qui se pointe en tong je lui coupe les orteils ». Si au contraire vous faites un mariage à la campagne et que vous voulez que vos invités s’habillent décontractés, il faudra aussi leur faire passer le message via l’invitation.
Mais le problème c’est que tout cela est induit (on ne peut pas marquer « tous en slip » sur un faire part) et c’est donc là que ça devient délicat. Parce que comment on fait si on veut faire un mariage chic dans les champs ? Comment leur faire comprendre qu’on veut qu’ils s’habillent classe même si la réception a lieu dans un pré à vaches ? Y’a de quoi se rater joliment et au final se retrouver avec 50 % des invités en salopette et chapeau de paille et 50 % des autres qui auront sorti leur robe « red carpet ». C’est balot (surtout pour le photographe) !Alors comment on fait Madame la mariée en colère ? Ben moi je m’en tape, ce n’est pas moi qui ai choisi ce thème à deux balles ! Non sérieusement, je ne trouve pas du tout que ce soit un thème à deux balles, d’ailleurs j’adooore l’idée (LOULOU ON CHANGE TOUT, on a enfin un thème !!!). Je pense que dans ce cas un petit peu complexe, une photo des futurs mariés sur le FFP peut être une bonne idée pour donner le ton : vous pouvez aller faire de magnifiques clichés en robe longue et beau costume à l’endroit choisi pour la réception lors d’une « séance engagement » (non, on ne se sert pas des photos de la dernière soirée mousse au macumba).
Bon, si au contraire vous avez eu l’intelligence de choisir un thème plus léger et simple à décliner que celui ci-dessus du genre « couleurs », un FFP dans les tons déterminés pour votre D-DAY fera l’affaire.Votre FFP est aussi supposé donner des indications « primaires » sur l’organisation de la journée (oui accessoirement, c’est la fonction numéro un d’un faire-part, mais une future mariée, ça s’en tape de « à quoi ça sert à la base » : les bonbons du candy bar, elle s’en fiche qu’ils soient bons, mais il faut absolument qu’ils soient jolis !) : date, heure et lieu de la cérémonie laïque, heure et lieu de la cérémonie religieuse, heure et lieu du cocktail, invitation (ou pas) au repas et au brunch… Pour les organisatrices aux invités les plus boulets (démunis de GPS avec tendance à se perdre), l’invitation pourra être accompagnée d’un itinéraire parce que ce jour-là, ce qu’on voudrait éviter c’est de se transformer en bonhomme Michelin et de passer le vin d’honneur à faire du radio guidage (LA 3ème A DROITE BORDEL!!!). Il est aussi judicieux de dresser une liste des hôtels à proximité proposant différents tarifs s’il n’y a pas de location proposée avec la salle. Enfin, si le programme des festivités est un petit peu complexe (14h mairie, 15h église, 16h30 on retourne à la mairie pour faire des photos parce que le parc est plus joli, 17h10 pinata, 17h30 ouverture du VH, 18h cérémonie d’ouverture de votre candy bar, 18h30 apéro dans un champ, 19h repas au restaurant, 22h on retourne au champ pour ouvrir le bal…), il est possible de mettre un petit planning. M’enfin on va arrêter là, le but n’est pas de claquer 10% de notre budget en achats de timbres à cause du livret de 70p envoyé avec le FFP.
Quand vous aurez le fond et la mise en forme de base (FFP imprimé), il ne restera plus (lol) qu’à décorer avec vos rubans, plumes, paillettes, cachets de cire, enfin tous les trucs débiles qu’on met une plombe à fixer sur chaque faire-part parce que c’est joli, même si ça va terminer à la poubelle.
Franchement, je ne suis pas du tout, mais alors PAS DU TOUT patiente et en recevant ma centaine de FFP, je voyais déjà le moment où j’allais imprimer et coller les adresses sous word avec de la UHU, mettre une invitation, et tout le matos pour décorer dans chaque enveloppe accompagné de la mention « démerdez-vous ». Mais non, amour et aide de mon Loulou (ou peut être est-ce mon instinct maternel qui commence à pointer le bout de son nez) m’ont alloué le calme, la douceur et la persévérance nécessaire à l’accomplissement de cette pénible et longue tâche. Bon, je ne dis pas que je n’en ai pas saccagé un ou deux à coups de cutter dans un moment de faiblesse et dénervement, mais l’important c’est qu’on en ait eu assez pour tous les invités. Finalement, la création de ce FFP a deux principaux avantages : il m’a exercé à prendre sur moi en cas d’énervement excessif, ce qui sera une aubaine le jour où j’aurai des mioches qui me réveilleront à 3h du mat parce qu’ils auront soif ou envie de pisser (ha non, fausse alerte, c’était pas l’instinct maternel) et en plus à chaque fois que l’un de mes invités ira chercher une bière ou un bout de camembert dans son frigo il pensera à nous.
