Annoncez que vous voulez attendre d’être « bien installée » pour avoir un enfant, il est probable que vous ayez le droit aux regards inquiets et aux petites phrases sur la fameuse « horloge biologique » des femmes (oui on adore je sais !). Pourtant, entrez dans une salle d’attente de maternité ou venez à la sortie d’une maternelle, les mères trentenaires sont loin d’être une exception ! Il faut savoir qu’en France, les femmes ont leur premier enfant à environ 29 ans en moyenne selon les études menées, alors pourquoi continue-t-on à parler de maternité tardive comme s’il s’agissait d’un parcours inhabituel, voire presque imprudent ? Derrière ça, il y a surtout selon moi une société dans laquelle construire sa vie prend tout simplement plus de temps… Et on en parle ici !

Pourquoi les femmes deviennent-elles mères de plus en plus tard ?
Aujourd’hui, les études durent plus longtemps, l’entrée dans la vie professionnelle se fait plus tard, les logements coûtent cher et la stabilité amoureuse elle aussi en a pris un coup ! Dans ce contexte, le projet d’enfant arrive souvent après plusieurs années consacrées à construire un équilibre personnel, professionnel et financier. Ce décalage est parfois présenté comme le résultat d’une génération qui voudrait profiter avant de devenir parent mais la réalité est un peu plus complexe selon moi. Qui plus est, les femmes souhaitent peut-être simplement accueillir un enfant au moment où elles se sentent prêtes et suffisamment entourées pour le faire !
Et puis, derrière une première grossesse à 35, 37 ou 40 ans, il peut aussi y avoir une rencontre arrivée plus tard, une séparation, des années d’infertilité, un parcours de PMA ou un projet parental longtemps empêché. Réduire la maternité tardive à une carrière que l’on aurait fait passer avant revient à oublier tout le reste, y compris toutes les femmes qui n’ont pas décidé de repousser leur grossesse. Certaines ont attendu le bon moment, tandis que d’autres ont surtout attendu que la vie le leur permette !
Une grossesse après 35 ans est-elle vraiment plus risquée ?
Dans le langage médical, une grossesse est souvent qualifiée de tardive à partir de 35 ans. Ce seuil ne signifie pas pour autant que tout change brutalement le jour de votre 35ème anniversaire. La fertilité féminine diminue progressivement avec l’âge et cette baisse s’accentue au fil des années, mais les situations individuelles restent très différentes. L’état de santé, les antécédents médicaux et le déroulement de la grossesse comptent également. Une femme de 36 ans en bonne santé ne vit donc pas automatiquement une grossesse compliquée parce qu’elle a franchi une limite inscrite sur un dossier médical !
Informer sans transformer la grossesse en parcours anxiogène
Les risques de fausse couche, d’anomalies chromosomiques, de diabète gestationnel ou d’hypertension augmentent avec l’âge et l’ignorer ne rendrait service à personne. Pour autant, les rappeler à chaque consultation sur un ton alarmiste ne prépare pas mieux les futures mères ! Ces grossesses sont aujourd’hui courantes et bénéficient d’un suivi adapté, avec des examens et une vigilance renforcée lorsque la situation le nécessite. L’enjeu consiste à donner une information claire afin que chaque femme puisse comprendre sa situation, poser ses questions et prendre ses décisions sans avoir le sentiment d’avoir commis une faute en attendant d’être enceinte !
La médecine peut-elle vraiment repousser l’horloge biologique ?
La PMA, le don d’ovocytes et l’autoconservation ovocytaire ont ouvert des possibilités qui n’existaient pas pour les générations précédentes, mais elles entretiennent aussi parfois l’idée qu’un projet de grossesse pourrait être reporté sans limite. Il faut savoir que ces techniques ne garantissent jamais la naissance d’un enfant et ne suppriment pas entièrement les effets de l’âge. Mieux informer les femmes sur leur fertilité reste indispensable, à condition que cette information ne se transforme pas en nouvelle injonction (et puis elles sont déjà nombreuses alors autant ne pas en ajouter d’autres).
La maternité tardive est donc en effet plus fréquente aujourd’hui, et elle est surtout due à l’évolution de notre société. Devenir maman à 25 ans, avoir un premier enfant à 40 ans ou ne pas en vouloir du tout, chacun fait ses choix en fonction de sa vie. La société peut informer sur les réalités biologiques mais n’a pas besoin de commenter chaque choix ! L’idée est surtout de permettre aux femmes de connaître les enjeux, de mesurer leurs possibilités et de construire leur famille sans avoir constamment à se justifier constamment.
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